Votre poignet vibre, un petit écran s’allume : nombre de pas, fréquence cardiaque, message entrant. Ce geste, devenu banal pour des millions de personnes, pose une question simple. Les montres connectées sont-elles encore une tendance passagère ou un objet ancré dans le quotidien ?
Montres connectées en 2026 : un marché qui stagne, pas qui s’effondre
Parler de tendance suppose une courbe ascendante. Or, les données récentes de Counterpoint Research pour le deuxième trimestre 2026 montrent un recul des expéditions mondiales de montres connectées. Le marché stagne plutôt qu’il ne s’effondre.
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Deux facteurs expliquent ce ralentissement. D’abord, les cycles de remplacement s’allongent. Les utilisateurs de modèles haut de gamme conservent leur montre plus longtemps, faute d’innovation perçue comme décisive entre deux générations. Ensuite, les acheteurs de modèles d’entrée de gamme reportent leur renouvellement parce que les nouvelles fonctions leur semblent marginales.
Apple et Samsung restent les deux premiers acteurs du marché. Mais la croissance se déplace : les marques chinoises comme Huawei et Imoo profitent d’une demande locale soutenue, en partie grâce à un programme chinois de subventions à l’électronique grand public.
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Santé et sport : les usages qui maintiennent la demande
Vous avez déjà remarqué que certains porteurs de montres connectées ne les utilisent presque jamais pour lire leurs notifications ? C’est parce que l’usage a glissé vers deux piliers : le suivi de santé et le sport.
Suivi du sommeil, fréquence cardiaque et données de santé
Le capteur de fréquence cardiaque est devenu un standard. L’analyse du sommeil aussi. Ces fonctions intéressent un public bien plus large que les sportifs. Elles parlent à toute personne soucieuse de mieux comprendre son corps au quotidien.
Les prochaines fonctions de santé pourraient renforcer cet attrait. Les fabricants travaillent sur des capteurs capables de mesurer des paramètres aujourd’hui réservés au milieu médical. La montre connectée évolue vers un outil de prévention santé, pas seulement un compteur de pas.
Garmin et le segment sportif : une résistance qui en dit long
Pendant que le marché global recule, Garmin progresse. Selon les données de Counterpoint Research pour le deuxième trimestre 2026, la marque américaine résiste mieux que ses concurrents. Pourquoi ce décalage ?
La demande reste solide quand la montre répond à un besoin spécialisé : entraînement structuré, navigation GPS en plein air, suivi de performances sportives. Un coureur ou un randonneur trouve dans sa montre un outil concret, pas un gadget. Ce constat éclaire un point souvent négligé : la tendance ne s’essouffle pas partout de la même façon.
Montre connectée ou bracelet connecté : comprendre la différence pour choisir
Avant de parler de tendance, il faut clarifier ce qu’on appelle « montre connectée ». Beaucoup de gens portent en réalité un bracelet connecté (parfois appelé tracker d’activité) sans faire la distinction.
- Un bracelet connecté se concentre sur le suivi d’activité : pas, calories, sommeil. Son écran est petit, son prix souvent plus bas, et il dépend entièrement du smartphone pour afficher des données détaillées.
- Une montre connectée embarque un système d’exploitation complet (watchOS pour Apple, Wear OS pour Google/Samsung). Elle peut installer des applications, afficher des notifications enrichies, et parfois passer des appels de façon autonome.
- Entre les deux, certains modèles hybrides reprennent l’apparence d’une montre classique avec des capteurs intégrés, sans écran tactile. Ils visent ceux qui veulent un suivi discret sans l’esthétique « tech ».
Le choix dépend de l’usage prioritaire. Quelqu’un qui veut simplement compter ses pas n’a pas besoin d’une Apple Watch. À l’inverse, une personne qui gère ses messages, sa musique et ses entraînements depuis le poignet aura besoin d’une vraie montre connectée.

Notifications, données personnelles et addiction : les limites à connaître
L’autre face de la tendance, c’est ce qu’elle coûte en attention et en données. Une montre connectée vibre pour chaque message, chaque alerte, chaque objectif atteint. Cette sollicitation permanente a un effet documenté sur le comportement.
Le flux continu de notifications crée une habitude difficile à interrompre. Certains utilisateurs finissent par vérifier leur poignet des dizaines de fois par jour sans raison précise.
La question des données personnelles mérite aussi qu’on s’y arrête. Fréquence cardiaque, localisation GPS, habitudes de sommeil : ces informations sont collectées en continu. Elles transitent par les serveurs du fabricant et parfois par des applications tierces. Savoir quelles données sont partagées et avec qui reste un réflexe à adopter avant tout achat.
Montres connectées : tendance durable ou pic dépassé ?
Le mot « tendance » suggère quelque chose de temporaire. Les montres connectées sont plutôt entrées dans une phase de maturité. Le marché ne croît plus au rythme des premières années, les cycles de remplacement s’allongent, et la croissance se concentre sur des segments précis : santé, sport spécialisé, marché chinois.
Pour un acheteur, la question n’est plus de savoir si les montres connectées sont à la mode. Elle est de déterminer si l’appareil répond à un besoin réel dans son quotidien. Un suivi de santé régulier, un accompagnement sportif structuré, une gestion des notifications au poignet : ces usages restent solides. Le gadget de 2015 est devenu un outil, avec ses limites et ses vrais apports.

